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Le monde des syndics copropriétaires

 

 

Les syndics des anciennes copropriétés grenobloises étaient les copropriétaires considérés comme les plus expérimentés. La fonction était honorifique mais, à l’occasion de travaux importants, ils pouvaient être rémunérés par les entrepreneurs.

Le développement récent de l’autogestion n’est pas lié à celui d’une « ardente obligation » de participer à la gestion du bien commun. Il s’inscrit pour une grande part dans un mouvement consumériste tendant à la remise en cause des conditions dans lesquelles la gestion des copropriétés est assurée par les professionnels. Nous n’entrerons pas ici dans ce débat qui est d’ailleurs faussé depuis un demi-siècle par les initiatives malheureuses des pouvoirs publics.

Le secteur de l’autogestion s’est peu à peu structuré. Il a pu bénéficier du concours des Chambres locales de propriétaires, de l’Union nationale de la propriété immobilière et d’organisations spécialisées, que nous distinguerons ici des organisations de consommateurs au sens propre du terme. L’objet de celles-ci, limité à la recherche et à l’élimination des abus dans les secteurs marchand et tertiaire, ne s’étend pas à une mission d’assistance pratique.

La complexité croissante de la gestion immobilière sous toutes ses formes constitue un obstacle majeur à la croissance significative de l’autogestion. Peu de copropriétés peuvent supporter la charge d’un ou plusieurs collaborateurs salariés et l’on peut penser que l’argument tiré de l’économie faite sur les honoraires du syndic doit être considéré désormais comme inopérant sur la décision de recourir à l’autogestion.

La motivation primordiale doit être recherchée dans la frustration résultant pour nombre de copropriétaires du sentiment qu’ils ont de n’être pas maîtres des décisions importantes de gestion. Sentiment ou réalité ? Une réponse, même globale, demeure hasardeuse tant les situations sont diverses. Les uns exigent cinq devis pour une opération de dépannage, les autres votent à l’aveuglette des travaux parfois inutiles. Beaucoup agissent sagement en concertation avec leur syndic, tenant compte de l’environnement propre à chaque décision et des réalités de l’existence.

Le développement des copropriétés de forme coopérative, fortement encouragé par les pouvoirs publics, et celui des associations syndicales, les unes et les autres caractérisées par une participation effective des propriétaires à la gestion commune, incite à la réflexion. On constate que nombre d’entre elles n’hésitent pas à recourir aux prestations d’un professionnel qui assure les tâches administratives et comptables sans être investi d’un mandat social (syndic ou directeur). Les professionnels acceptent, de leur côté, de remplir des missions qu’ils auraient refusées dans le passé. L’évolution est significative.

 

Elle incite à revenir sur la conception qu’ont certains présidents de conseil syndical du contenu et de la nature de leur mission.  N’ayant pu ou voulu assumer les obligations et risques de la fonction de syndic, ils n’hésitent pas à en appréhender les prérogatives légales. Ils sont encouragés en cela par certaines organisations qui indiquent par exemple qu’en cas de mauvaise exécution des travaux « le conseil syndical suspendra la facture ». C’est alors un véritable mode d’autogestion rampante qui apparaît, généralement au grand dam des copropriétaires.

 

Les syndics copropriétaires se distinguent par la diversité de leurs motivations. Ils ont en commun la certitude, justifiée ou non, de pouvoir servir la collectivité dont ils sont membres. Parfois, le pouvoir syndical apparaît comme un remède à des frustrations professionnelles. Autant dire qu’on trouve en ce domaine des manifestations de dévouement significatives comme des accaparements de potentat. Les premières sont heureusement les plus nombreuses.

 

Quelles que soient les modalités juridiques, on peut constater avec satisfaction l’intérêt que prennent de plus en plus de propriétaires en habitat collectif à la gestion des différentes institutions. Une collaboration saine avec des professionnels qualifiés est, le cas échéant, un gage de réussite. De toute manière, l’expérience de l’autogestion aura eu l’avantage de faire prendre à ceux qui l’auront tentée, conscience des difficultés que l’on rencontre lorsqu’on a l’audace de vouloir gérer un immeuble et représenter ceux qui en sont propriétaires.

Dans cette heureuse évolution, les locataires ne devront pas être oubliés. Dotés de droits restreints, tenus aux obligations communes, ils ne peuvent être écartés complètement de la communauté immobilière. Ils tiennent leur revanche dans les grands ensembles immobiliers groupant des copropriétés et des monopropriétés locatives, dotés d’associations syndicales. Les associations de locataires ont alors des pouvoirs de contrôle dont les conseils syndicaux des copropriétés sont dépourvus.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mise à jour

17/06/2005